Biographie de Mathieu Montcourt

Ce texte, rĂ©alisĂ© dans le cadre d’une interview entre Mathieu Montcourt et notre journaliste, a Ă©tĂ© rĂ©digĂ© pour devenir la première publication sur le blog de Mathieu. Mathieu Ă©tait en train de le valider…

Hommage Ă  un jeune homme hors du commun.

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Le tennis et moi

Le tennis et moi, c’est une histoire de famille : mon grand-père était licencié et mon père a donné des cours au Club d’US Ivry avant d’en devenir le président. Je suis donc tombé dans la marmite quand j’étais tout petit : à 3-4 ans, j’avais une raquette dans les mains et tapais mes premières balles. Je me souviens que très vite j’ai adoré ça et que j’avais du mal à quitter le terrain. Finalement, je ne l’ai pas quitté !

 A 7 ans j’ai Ă©tĂ© dĂ©tectĂ© par la Ligue du Val de Marne. Eric Capitini est devenu mon entraĂ®neur. Quand on lui a proposĂ© un poste au Club de tennis de Maison-Alfort, je l’ai suivi. J’y suis restĂ© 5 ans et j’y ai rencontrĂ© mon compagnon de jeu et meilleur ami Matthieu Leboucher.

 A partir de la 5e, j’ai été scolarisé au Collège Jean de la Fontaine en face de Roland Garros. Tout comme mes camarades de classe tennismen, musiciens, danseurs, etc, j’ai profité des horaires aménagés : le matin je suivais les cours et l’après-midi je m’entraînais. Je n’étais pas encore prêt à quitter ma famille et rentrer au Pôle France…

A 15 ans, j’ai intégré le Pôle France de l’INSEP (l’Institut National des Sports et de l’Éducation Physique), où j’ai rencontré « tous les grands » du tennis : Jo-Wilfried Tsonga et Gilles Simon avec qui j’ai partagé ma chambre pendant deux et trois ans, ainsi que Gaël Monfils… J’ai aussi commencé les tournois, en France comme en Europe. 

A 18 ans, j’ai choisi de me lancer complètement dans le tennis. J’ai arrĂŞtĂ© mes Ă©tudes en terminale ES -sans avoir mon BAC- et j’ai sacrifiĂ© ma passion pour le handball. J’ai alors suivi le cursus fĂ©dĂ©ral Ă  Roland Garos de 2003 Ă  aujourd’hui. 

De 2004 Ă  2007, j’ai Ă©tĂ© licenciĂ© du Racing Club de France, devenu aujourd’hui le Lagardère Paris Racing. Mais rester dans le cursus fĂ©dĂ©ral et dans un club privĂ© Ă©tait incompatible, je suis donc parti pour le Club Primerose Ă  Bordeaux, qui Ă©tait intĂ©ressĂ© par mon profil. 

Je parle de mon jeu

Je suis ce qu’on appelle un joueur rĂ©gulier, constant, avec un physique très endurant. Mais je n’ai pas un « gros coup », un “point fort de fou” qui crĂ©e la diffĂ©rence sur le terrain. En fait, mon point fort, c’est que je n’ai pas de point faible et mon point faible c’est que je n’ai pas de point fort.

Il me manque une force mentale que je n’ai pas encore. Je me remets beaucoup en question et je traverse constamment des périodes de doute et de confiance en moi. Peut-être parce que je suis très perfectionniste ou que je n’ai pas un ego surdimensionné. Quand j’enchaîne les défaites, je perds confiance et mon jeu s’en ressent.  

Je suis de la mĂŞme gĂ©nĂ©ration que de grands champions, comme Tsonga, Monfils, etc. Je ne me compare pas Ă  eux, Ă  leur jeu, je ne suis pas envieux. Au contraire, leur carrière me motive, je me dis que moi aussi je peux y arriver, que je vais y arriver. J’ai des compĂ©tences, des talents, je travaille, surtout mon mental. C’est lĂ  oĂą j’ai la plus grande marge de progression pour devenir un vĂ©ritable champion !

Le tennis et moi

Etre tennisman n’est pas rose tous les jours. Il y a beaucoup de sacrifices et de dĂ©ceptions dans le monde du tennis. C’est un sport individuel oĂą les rivalitĂ©s sont exacerbĂ©es, il faut apprendre Ă  se mĂ©fier des gens. Heureusement, j’ai dĂ©veloppĂ© des amitiĂ©s très fortes avec quelques joueurs en qui j’ai entière confiance. 

J’ai connu et je connais des coups durs. On se demande parfois si ça vaut le coup d’avoir cette vie là, de courir les tournois à gauche à droite, de peu voir sa famille ou ses amis. Mais jamais je n’ai pensé à arrêter. A vrai dire, ça ne m’a même pas effleuré l’esprit. J’aime beaucoup trop le tennis : j’adore ça, je suis un véritable fan ! Ce que j’aime par-dessus tout, c’est la sensation qu’on éprouve à la victoire, c’est ça qui me rend le plus heureux. 

J’ai aussi de très jolis souvenirs dans le tennis. Les meilleurs pour moi ? Ce que j’ai partagĂ© avec des amis. Je pense au Championnat de France par Ă©quipe Ă  Blois oĂą avec mon meilleur ami Matthieu Leboucher, nous avons dĂ©crochĂ© deux annĂ©es d’affilĂ©e un podium : la 3e place en 1196 et la 2e en 1996. Il y a aussi le Championnat de France par Ă©quipe avec le club de Bordeaux : c’était intense et ça avait du sens de partager la victoire avec mes Ă©quipiers. 

Mes passions pour le sport, l’art, les voyages…

 Il n’y a pas que le tennis dans ma vie : il y aussi le sport en général, l’art, les voyages… Le sport, comme le tennis, je suis tombé dedans quand j’étais tout petit. Mon grand-père était professeur de judo et 3e Dan, il m’emmenait voir des tournois, j’ai vraiment baigné dans cette culture là. Je suis aussi un grand fan de handball : pendant 4 ans, j’ai joué à l’IS Ivry Handball qui est un des meilleurs club, avant de choisir le tennis. J’ai aussi pratiqué le football quelques années et aujourd’hui je joue encore de temps en temps avec des amis.

 Si j’ai baigné dans le sport du côté de mon père et mon grand-père, j’ai découvert l’art avec ma mère qui peignait énormément quand j’étais enfant. Aujourd’hui, j’ai un petit faible pour l’Art contemporain, le Pop Art et le peintre Lichtenstein mais aussi pour des artistes plus classiques comme Caillebotte… J’essaie toujours d’enrichir et d’approfondir ma culture artistique en lisant (je suis abonné à deux magazines d’art) ou en courant les musées. Mes préférés ? Orsay, Beaubourg ou l’Hermitage à Saint-Petersbourg. J’écoute aussi beaucoup de musique : du rock alternatif ou des artistes du temps de mes grands-parents. Un goût qui date de mon enfance, quand mon grand-père m’emmenait à des tournois de judo et qu’on écoutait en boucle Georges Brassens, Sergi Reggiani ou Léo Ferré. Je suis aussi passionné par la photo et la vidéo et je reviens toujours de mes voyages avec des souvenirs… en images.

J’adore les voyages, découvrir de nouvelles cultures, de nouveaux pays. Coup de chance : je pars souvent disputer des tournois à l’étranger. Là, j’optimise le plus possible mon temps pour partir, appareil en bandoulière, photographier ou filmer mes coups de cœur touristiques. Je pense à Sydney en Australie : les plages et l’architecture (le Harbour Bridge, l’Opéra…) sont superbes et les gens n’ont pas les mêmes défauts qu’aux US ou à Bangkok en Thaïlande où j’ai eu un vrai coup de foudre pour la culture, les gens, les temples… J’aime garder des traces de mes voyages, me remémorer ces moments quand je rentre à Paris ou les partager avec ma famille et mes amis qui n’ont pas la chance de voyager autant.

Les fans et moi

J’ai pas mal de fans et de sites ou blogs qui me sont consacrés sur la toile. Ca me fait chaud au cœur de savoir que des personnes reconnaissent mon talent et me soutiennent. Comment je l’explique ? Par mon jeu tennistique j’imagine. Les fans de tennis commencent à connaître ma tête, j’ai joué plusieurs fois sur le Central et affronté des joueurs célèbres. Je crois aussi que j’ai un physique, une coupe de cheveux, un style qui peuvent plaire à certaines jeunes filles. Je me rappelle d’une fan qui m’envoyait des lettres anonymes, à mon adresse, mais aussi à celles de mes parents et de mes grands-parents. Elle me suivait et savait tout le temps où j’étais. J’ai fini par rentrer en contact avec elle : elle m’a dit que mariée, elle était tombée sous mon charme et qu’elle avait plein de photos de moi chez elle.

Mes projets pour plus tard…

Tout dépendra de ma carrière : mieux je joue plus les portes seront ouvertes. Mon rêve ? Concilier mes passions pour l’artistique mais aussi la gastronomie. A force de voyager, de manger tous les jours au restaurant et de découvrir des cultures culinaires différentes, ça donne des idées ! J’ai aussi envie de profiter des gens que j’aime, ma famille, mes amis. Mais j’ai encore le temps d’y penser… 

Mathieu Montcourt 2009

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